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Éducation non-sexiste : le pourquoi et le comment ?



Rose ou bleu, telle est La question


Quelle est l’une des premières questions que l’on vous a posée quand vous attendiez un enfant ?

Laissez-moi deviner… « Fille ou garçon ? » !

Si cette question est aussi récurrente dans notre société, c’est notamment parce que nous avons besoin de repères pour nous aider à conceptualiser le monde qui nous entoure, savoir si le nouveau-né sera une fille ou un garçon permet dès lors cette conceptualisation, cette projection…


Face à ce constat, il est intéressant de se pencher sur les raisons pour lesquelles nous éprouvons le besoin de connaitre le sexe d’un enfant pour nous projeter, si l’on considère que les enfants qu’ils soient filles ou garçons sont égaux. Mais cette égalité de droits ne va pas de soi, et dans les faits, nos sociétés continuent d’attribuer des caractéristiques, des compétences, des envies et des besoins différents aux filles et aux garçons, de manière consciente mais aussi inconsciente, comme l’atteste entre autres cette étude sur les pleurs des bébés publiée dans la revue BMC Psychology.


Cette dimension inconsciente se traduit dans des agissements qui vont parfois à l’encontre de notre désir d’égalité. Alors, certes, nous progressons, mais le processus est lent.

Nous sommes encore hommes comme femmes très souvent limités par des carcans stéréotypés et corrélativement, nous restreignons aussi le champ des possibles des personnes qui nous entourent que ce soit dans notre sphère personnelle ou professionnelle !


Mais nul besoin de basculer dans la culpabilisation, le poids des injonctions s’avérant déjà assez lourd à porter quand on est parent. D’autant que si l’on agit de la sorte, c’est avant tout parce que nous sommes comme le mentionnait Catherine Vidal le produit d’une histoire culturelle et sociale. Alors, prenons tous ensemble du recul sur nos biais et profitons de cette prise de conscience pour faire évoluer certaines de nos pratiques.


Pourquoi changer et pour quoi changer, telles sont les questions à se poser



Notre cerveau n’a pas de sexe ! Par contre il se caractérise par la plasticité cérébrale ; en d’autres mots, il s’adapte à son environnement. Les comportements dits féminin ou masculin, si tant est qu’ils existent,

ne relèvent pas de lois naturelles absolues, mais sont bien le produit de la culture. Preuve en est, dans d’autres sociétés, les femmes et les hommes se comportent autrement et cela est socialement accepté.


Partant de ce principe de plasticité cérébrale, adopter une éducation non-sexiste permettra aux enfants d’élargir leur champ des possibles, de rêver en grand et sans limite. Cela leur donnera l’opportunité de devenir ce qu’ils/elles veulent sans se sentir contraint.es de rentrer dans un moule genré souvent réducteur.

Cela permettra notamment aux filles de ne plus se sentir moins intelligentes que les garçons dès l’âge de 6 ans (tel que le démontre une étude publiée en 2017 dans la revue "Science") tout comme cela autorisera les garçons à exprimer une palette d’émotions bien plus large que celles souvent associées à la masculinité. Aujourd’hui, si les garçons peuvent exprimer de la colère, à l’inverse, le chagrin, les larmes, la peur restent peu encouragés.


De plus, élever ses enfants de manière non-sexiste implique également de leur transmettre la faculté de se forger leur propre jugement et de développer un esprit critique, des compétences pour le moins essentielles dans le monde actuel.

Par ailleurs, si cette éducation axée sur l’ouverture et le respect de l’identité de chacun.e ne leur évitera pas d’être confronté à des remarques, des quolibets ou des discriminations, elle leur permettra cependant de mieux analyser les situations, de développer leurs mécanismes de défense et d’affirmer leurs positions, leurs choix.


Et concrètement, comment on fait au quotidien ?


Rappelons que la base de l’éducation non-sexiste, c’est d’élargir le champ des possibles et non de le restreindre. L'objectif étant de favoriser le développement de l’enfant et son bien-être.

Evoluant dans une société encore trop souvent sexiste le second objectif sera de compenser ce sexisme ambiant. Concrètement, ne pas interdire à un garçon de jouer avec une poupée participera de ce bénéfique élargissement du champ des possibles, mais cela ne sera généralement pas suffisant. En revanche, les encourager de manière explicite à tester et expérimenter ce qui n’est pas forcément considéré comme « normal » pour leur genre (compris ici comme répondant à une norme sociale) aura en principe davantage d’impacts positifs


Concrètement, voici quelques idées pour nous aider :


· Arrêtons de dire qu’une chose est pour les filles/garçons et privilégions la formule « c’est pour les enfants » ;

  • Encourageons activement nos garçons à investir des univers dit « féminins » que ce soit dans les jeux (ex. jouer à la dinette, aux princesses, à la poupée, …), dans les émotions (ex. nommer les émotions avec eux et les aider à reconnaître les leurs) ou dans les postures (ex. valoriser l’attention aux autres et l’empathie);


  • Encourageons activement nos filles à investir des univers dit « masculins » que ce soit dans les jeux (ex. jeux de construction, de voiture, jeux de plein air), dans les attitudes (ex. reconnaître, valoriser et encourager les attitudes puissantes, courageuses et audacieuses) ou dans les postures (éviter de les inviter systématiquement à se montrer trop conciliante);


  • Favorisons leur esprit critique, par exemple en leur demandant pourquoi selon eux/elles, telle chose serait pour les filles ou pour les garçons ? Pourquoi dans les histoires retrouve-t-on plus souvent des héros que des héroïnes


  • Pourquoi les filles aimeraient-elles plus le rose que les garçons ou pourquoi les garçons ne pourraient-ils pas aimer jouer. L’objectif étant de les laisser trouver leur propre réponse pour ensuite en discuter objectivement.


  • Ouvrons leur la porte sur des modèles égalitaires notamment via la lecture. Si vous ne savez où chercher, voici quelques sites qui recensent des ouvrages inspirants içi et . Vous pouvez aussi vous référer aux livres des éditions Talents hauts ou encore le magazine Tchika. Et si vous préférez des options plus ludiques, je vous conseille les jeux de la collection Topla ;


  • Diversifions les commentaires que nous leur adressons. Les filles ne sont pas que belles/mignonnes/adorables et les garçons forts/champions/dynamiques.


  • Inspirons-nous de modèles d’éducation non-sexiste notamment avec le blog de Maman Rodarde et armons-nous face aux remarques désobligeantes sur cette liberté donnée à nos enfants et qui peut parfois déranger certain.es. Voici quelques groupe Facebook inspirants : L'empêcheuse de tourner en rond, Répondons ;


  • Et puis surtout, soyons tolérant.es vis-à-vis de nous-mêmes ! On ne déconstruit pas des siècles de patriarcat (parce que c’est finalement de cela qu’il s’agit) en un jour, ni seul.e (L’école, la publicité et encore le marketing genré ont un rôle particulièrement important à jouer en la matière). En tout cas, la déconstruction des modèles genrés commence par un premier pas et ce premier pas est souvent la prise de conscience du problème et de nos propres limites.

La redac' de Helse

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