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RH : Investir dans la santé des collaborateurs vaut-il vraiment le coup ?

Mis à jour : 12 déc. 2019



Investir dans la santé des collaborateurs vaut-il vraiment le coup ?

Le bon sens répondrait par l’affirmative évidente.


Se pose rapidement la question de l’évaluation de la rentabilité.

La définition de l’OMS de la santé qui intègre les 3 dimensions du bien-être de l’individu (physique, mentale et sociale) fait elle référence à des critères de mesure quelconques ?

Aucunement. Seule l’appréciation personnelle fait loi en ce domaine.

D’ailleurs encore 1/3 des salariés européens ont le sentiment que leur employeur ne s'intéresse pas du tout, ou peu, à leur bien-être psychologique par exemple selon l'étude du cabinet ADP, « The Workforce View in Europe 2018 ».


Dans le monde de l’entreprise, la règle d’or établie est d’évaluer les retours sur investissement de toute action mise en place en passant par la mesure des sacro-saints indicateurs (les « KPI ») !

Les initiatives découlant de la politique QVT ne dérogent pas à cette règle.

Encore faut-il d’abord être clair sur ce que l’on cherche à mesurer…avant de savoir de comment.


Investir sur la santé, oui, mais sur la prévention !

En 2018, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est évaluée à titre provisoire à 203,5 milliards d’euros... Cette fois ci nous en sommes persuadés, il vaut mieux prévenir que guérir, sans mauvais jeu de mots.


Quel serait le scénario catastrophe ?

De nombreux points ont été soulevés pendant la conception du rapport de Charlotte Lecocq concernant santé au travail. On se souvient par exemple de la possibilité d'infligé un "Bonus/Malus" aux entreprises en fonction de leurs indicateurs du taux d'absentéisme, d'accident du travail, de risques psychosociaux... Et de ce qui a surtout marqué les esprits, en fonction de ce malus, les entreprises du secteur privé, se verraient dans l'obligation de prendre en charge tout ou partie des jours de carences des arrêts maladies au bénéfice de leurs salariés. Aie !   


Quels sont les objectifs visés par une démarche d’éducation santé de ses collaborateurs ?


Sans conteste, celui d’améliorer leurs conditions de travail réelles et la perception qu’ils en ont, tout en les rendant plus acteurs de ces évolutions vertueuses.

Avec pour corollaire logique celui d’agir favorablement sur l’absentéisme, et adopter une démarche préventive collaborative des risques psychosociaux, des troubles musculosquelettiques (TMS), de l’usure professionnelle.

Sur ces éléments évoqués, plusieurs indicateurs génériques sont à disposition dans la boite à outils RH : taux d’absentéisme, taux de fréquence (nombre d’accidents avec arrêt de travail supérieur à un jour par rapport au volume d’heures travaillées au cours de l’année) , indice de fréquence (ratio entre le nombre d’accidents avec arrêt et le nombre de salariés) ... Jusqu’à celui du turnover.

Des indicateurs malheureusement trop plurifactoriels pour être précis mais qui ont l’avantage de faire émerger des tendances.


L’objectif central à plus long terme est celui de générer de la convivialité (étymologiquement « vivre avec l’autre ») sur le lieu de travail : c’est-à-dire lorsque le bien-être individuel contamine le collectif !

Un levier puissant qui cultive l’engagement de chacun par un sentiment d’être écouté, considéré…avec à la clé un regain de confiance.


La part sociale de la santé enfin prise en compte.


Les salariés se sont prononcés l’année dernière dans le 10ème Baromètre santé et qualité de vie au travail (QVT) Malakoff Mederic en jugeant : « Un travail moins pénible, une confiance réaffirmée, une santé mieux préservée » qu’il y a dix ans.

Pas de chance : la convivialité n’en demeure pas moins complexe à évaluer … autrement que par les antiques questionnaires de satisfaction.


Mais les choses bougent judicieusement avec la technologie et l’arrivée de nouvelles applications comme Zestmeup, Supermood, Ourcompany, Bloom at work, Wittyfit…

Vous n’aurez que l’embarras du choix pour recueillir le baromètre du moral de vos collaborateurs et bien plus encore.


La redac' Helse