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SEEPH 2020 : Les personnes en situation de handicap dans l'entreprise



Depuis le 10 juillet 1987, la législation française impose aux entreprises de plus de vingt

salariés, d’embaucher un quota de 6% de travailleurs handicapés mais elles ne sont que 27% à l’atteindre aujourd'hui. Et il s’agit évidemment en grande partie de grands groupes ou de grandes administrations. De plus ces employeurs doivent souscrire une déclaration d’emploi des salariés handicapés, avant le 15 février de chaque année.


Très souvent, le handicap est associé au fauteuil roulant et à l'idée qu'il fasse réaliser des aménagements démesurés pour rendre les locaux accessibles (rampes d’accès, ascenseurs plus grands, tables adaptés) et que cette opération sera forcément lourde et difficile à gérer.

Aussi, le niveau des préjugés à l'encontre des travailleurs handicapés est encore très élevé et de nombreux employeurs pensent que les travailleurs en situation

de handicap ont une productivité moindre. Les difficultés d’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail sont multiples. Leur handicap limite l’étendue des tâches qu’elles peuvent exercer. Leurs parcours scolaires étant plus difficiles, elles disposent souvent d’un niveau de qualification inférieur à la moyenne. Les inégalités liées au handicap et à d’autres critères (âge, sexe, couleur de peau, milieu social, etc.) se cumulent. Disposer d’un réseau de relations par exemple est un atout essentiel pour décrocher un poste adapté.


Pour les moins favorisés, la situation est particulièrement critique. Si l’entreprise n’emploie pas suffisamment de travailleurs handicapés, elle doit verser une contribution à L'AGEFIPH, un fond de développement pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans le secteur privé. Le FIPHFP (Fonds Pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) quant à lui, perçoit la contribution annuelle de l’obligation d’employer des travailleurs handicapés des établissements du secteur public. La contribution est utilisée pour financer des actions ou des projets pour une meilleure insertion professionnelle des personnes handicapées. A mesure que les employeurs atteignent leurs obligations, ces fonds voient leur recettes diminuer et la fusion de ces deux structures pourrait bientôt voir le jour.


Pour offrir de bonnes conditions de travail à leurs collaborateurs handicapés, les entreprises peuvent bénéficier de certaines aides comme l'aide à la mobilisation des employeurs pour l’embauche des travailleurs handicapés (AMEETH). Le montant de cette aide s’élève au plus à 4000 euros par salarié et il est versé à l’employeur trimestriellement sur une année par l’Agence de service et de paiement pour le compte de l’État. Pour aider les entreprises à franchir le pas de l'embauche, un autre outil est mis également à la disposition des entreprises par l'Agefiph : l'aide au tutorat, cela permet de former un manager ou un collaborateur à l'accompagnement d'un salarié handicapé.


Le recrutement d'un travailleur handicapé présente de nombreux avantages pour

l'entreprise, en premier lieu, elle permet à l’employeur de réduire sa contribution Agefiph ou Fiphfp si elle répond bien à son obligation d’emploi. D'autre part, l’embauche de personnes titulaires d’une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ou d’un équivalent (IPP…) est un avantage pour l’entreprise en termes d’image et de notoriété. Ces dernières affichent en effet un engagement responsable fort en faveur de ce public.


Aussi, une personne sur deux est au cours de sa vie confrontée à une situation de handicap. Dans une logique de réciprocité, l’employeur pourra tourner cela à son avantage, en favorisant l’engagement de ce public et par l’émergence de compétences nouvelles. En effet, un travailleur handicapé s’avère d’autant plus performant qu’il est soutenu par son entreprise.


La mutation de l’économie dans ces 10 prochaines années offre aussi un nouvel horizon aux personnes en situation de handicap. Elles pourront notamment compter sur la révolution numérique et l’émergence de nouveaux métiers qui peuvent s’exercer en télétravail ou sur l’évolution du temps de travail vers plus de postes à temps partiel.


Alors qu’une personne sur deux sera au cours de sa vie concernée par le handicap, la notion de travailleur handicapé est désormais une réalité à prendre en compte, tant pour un salarié que pour les entreprises. Chaque partie doit pouvoir en tirer un avantage.

L'équipe Helse